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La France et la Belgique, pour ne prendre que ces deux exemples que je connais particulièrement bien comptent 600.000 judoka, 200.000 karatéka et 65.000 Aïkidoka licenciés.
On peut donc dire que l’Europe connaît un intérêt pour les arts martiaux équivalent, voire même supérieur à celui du Japon. Cela est d’autant plus encourageant que cet intérêt ne porte pas simplement sur l’aspect technique des arts martiaux, mais plutôt sur leur dimension spirituelle, en d’autres termes le budo (la voie des arts martiaux) ou encore le bushido (la voie du samouraï).
Aujourd’hui, nous parlons de l’Aikido issu d’arts martiaux anciens qui fut réinventé au 20e siècle par un Maître de génie : O Senseï Moriheï UESHIBA, avant d’être pratiqués dans tout le Japon et dans le monde entier.
Il faut préciser une chose : le principe des arts martiaux ne consiste pas simplement en l’apprentissage de techniques utilisant la force, mais plutôt à savoir garder à tout moment le contrôle de soi, même en situation critique ; savoir conserver son énergie afi n de préserver la sérénité de son âme plutôt que d’attaquer l’autre. On peut penser que c’est bien cela qui permit aux samouraï de gouverner le Japon pendant 700 ans. C’est ce que l’Aikido veut, par sa pratique, apporter à tout un chacun qui désire consacrer un peu de temps à son étude.
Un peu d’histoire :
Avec la signature de traités avec les principaux pays occidentaux, le Japon sous le shogunat de Tokugawa mit fi n à 220 ans de politique de fermeture du pays. Cette ouverture au monde extérieur provoqua des conflits fratricides entre le shogunat qui avait signé des accords internationaux et ceux qui se rassemblèrent autour de l’Empereur pour s’y opposer. Après plusieurs années de violents affrontements internes et de guerre civile, le Japon unifié, sous le nouvel Empereur Meiji, commença sa modernisation pour préserver son indépendance dans un contexte de pleine expansion des puissances occidentales. La modernisation, autrement dit l’occidentalisation, toucha tous les systèmes du pays : le gouvernement, la société, l’économie, l’éducation, pour n’en citer que quelques-uns. Ses modèles furent la France l’Angleterre, l’Allemagne et les États-Unis …
À l’époque, un slogan largement répandu parmi le peuple japonais était « esprit japonais et technique occidentale » (wakonyosai), autrement dit une introduction des systèmes et des technologies occidentales tout en conservant l’esprit traditionnel japonais. Faire progresser le Japon avec un équilibre entre « esprit japonais» et «technique occidentale » fut loin d’être une tâche aisée et selon l’époque, la tendance fut de favoriser tantôt la « technique occidentale», tantôt l’ « esprit japonais », de sorte à ce que le processus de modernisation du Japon s’apparenta à une pendule aux oscillations exagérées.Il n’est pas simple de définir l’ « esprit japonais», mais disons déjà que le « bushido » en représente une partie majeure.
La classe des samouraï qui étaient les porteurs des valeurs de ce bushido, ou « voie du samouraï », fut anéantie lors de la restauration Meiji. Cependant, qu’ils en soient personnellement conscients ou non, le bushido subsiste toujours dans le coeur des Japonais. Le bushido étant source d’innombrables interprétations.
Dans l’histoire du Japon, l’apparition des premiers samouraï remonte aux environs du 10e siècle. À l’origine, ils étaient des mercenaires chargés de protéger les intérêts locaux des nobles, et de ce fait avaient un rang social peu élevé. Cependant, leur force armée leur permit de monter graduellement en puissance, ce qui culmina à la fin du 12 esiècle en l’établissement du premier pouvoir politique régi par les samouraï, autrement dit le shogunat. Pour dresser un parallèle avec l’Europe, ce serait comme si un ordre de chevaliers prenait le contrôle du gouvernement.
La noblesse japonaise qui avait gouverné le Japon jusque là perdit pratiquement tout son pouvoir politique, et sous l’autorité de l’Empereur, les samouraï dirigèrent le Japon jusqu’à la modernisation du pays au milieu du 19e siècle. Cette époque fut marquée par une succession de périodes de paix et de guerre civile, ainsi que par l’établissement de trois shogunat.
Au cours de cette histoire mouvementée, les samouraï développèrent, à travers une formation physique et spirituelle, deux préceptes distincts qui reflétaient leur position politique et sociale.
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Le premier, en tant que classe dirigeante, était de cultiver un esprit de dévouement au bien commun. Ainsi, nous retrouvons parfois ici l’influence du confucianisme.
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Le deuxième précepte fut, en portant le sabre, de disposer de la force morale et de la technique permettant de faire face à tout danger pouvant porter atteinte à sa propre vie.
Prêts à perdre leur vie honorablement à tout instant, ils vivaient une existence meilleure : tel est le paradoxe qui définissait le destin des samouraï.
Le budo est né de ce dernier précepte avant de s’affiner graduellement par la suite. Il devint l’entraînement de ceux qui doivent faire face à la mort, et se rattacha très souvent au shintô et au bouddhisme, notamment à l’école Zen.
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